CHRONIQUE EDUCATION
31 octobre :
La création de 60 000 postes dans l’Éducation nationale coûterait « largement plus de 100 milliards d’euros » selon Valérie Pécresse
UE : Chute du nombre d’élèves scolarisés de 7 % entre 2000 et 2009 (Eurostat)
Réforme du lycée : les programmes de terminale générale et technologique au BO spécial du 13 octobre 2011
2 novembre :
Inspecteurs de l’académie de Paris : deux hauts-fonctionnaires condamnés à des amendes par la Cour des comptes
Patrick Gérard, recteur de l’académie de Paris et ancien directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale Gilles de Robien, et Maurice Quénet, ancien recteur de Paris, sont condamnés par la Cour de discipline budgétaire et financière de la Cour des comptes à des amendes respectives de 400 et 300 euros à la suite de neuf nominations d’inspecteurs de l’académie de Paris (IAP) entre 2006 et 2007
Zones sensibles : une diminution des effectifs des établissements de 12,2% en 5 ans (rapport Onzus 2011)
Dans les établissements en Zus, les classes sociales plus défavorisées restent majoritaires, reflétant les caractéristiques des populations vivant dans ces quartiers. L’assouplissement de la carte scolaire a pu inciter davantage de classes ‘moyennes’ ou ‘favorisées’ à scolariser leur(s) enfant(s) dans un établissement qu’ils jugent plus huppé que celui correspondant à leur secteur », indique le rapport 2011 de l’Onzus, rendu public, mercredi 2 novembre 2011. Ainsi, selon l’observatoire, en 2009-2010 « dans les établissements en Zus près de deux élèves sur trois scolarisés en 6e ont des parents appartenant à des catégories sociales ‘défavorisées’ (62,9 %) et moins d’un sur six à des catégories ‘favorisées’ (16,4 %) » alors que « dans les établissements hors Zus, la répartition est beaucoup plus équilibrée » (41,1 % appartiennent à une catégorie sociale défavorisée et 32,4 % à une catégorie sociale favorisée).
Appel de Bobigny : une « base pour une nouvelle politique de l’éducation » à destination des candidats à la présidentielle
Colombe Brossel, adjointe au maire de Paris (PS) chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative, et Yves Fournel, président du réseau français des villes éducatrices présentent ce mercredi 2 novembre 2011 six textes complémentaires à l’appel de Bobigny. Ces six textes font état de propositions quant à la scolarisation des 0-6 ans, à l’autonomie des établissements scolaires et des acteurs de l’éducation, aux « enjeux individuels et collectifs », à la « formation des professionnels de l’éducation », à la « participation active des enfants, des jeunes et de leurs parents aux projets éducatifs », ainsi qu’à l’avenir des projets éducatifs locaux et des projets éducatifs de territoire. « On veut des transformations, cet appel est un appel offensif pour une transformation de l’école et de l’ensemble du champ éducatif », affirme Yves Fournel. En octobre 2010, « cinq objectifs prioritaires » et « dix huit propositions », ont été présentés afin de définir un « grand projet national pour l’enfance et la jeunesse » : l’Appel de Bobigny
Unesco : l’éducation universelle « affectée » par la suspension de la contribution financière des États-Unis
Concours : la répartition des postes offerts aux Capes et Capet
Le nombre total de postes offerts au titre de la session 2012 au concours externe, au troisième concours et au concours interne de recrutement de professeurs certifiés en vue de l’obtention du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes) est fixé à 4 847 au concours externe, à 62 au troisième concours et à 648 au concours interne. En voici la répartition communiquée au JO du 1er novembre 2011
3 novembre :
Depp : la publication de résultats peu « flatteurs » n’est « pas autorisée » par le ministre (collectif Interstat)
« Comme en 2008, il nous faut rappeler au ministre de l’Éducation nationale, que la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) n’est pas un service statistique dont il serait le seul utilisateur, mais qu’elle fait partie du service statistique public », alerte le 2 novembre 2011 Interstat, un collectif de syndicats de l’Insee et des Services statistiques ministériels (1) qui reproche à Luc Chatel de faire de « la rétention d’information ». « La Depp doit pouvoir diffuser, à des dates annoncées, une information contrôlée et objective sur les grands sujets relatifs au thème de l’Éducation, sans se voir reprocher un manque de discrétion, gênant une communication qui voudrait renseigner unilatéralement. » Depuis 2008, le nombre de notes d’information publiée par la Depp est inférieur à 40 par an, selon les chiffres du collectif. En 2003, alors que Luc Ferry était ministre de l’Éducation nationale, plus de 60 notes avaient été publiées
Rased : contre « l’asphyxie » du réseau, un rapport parlementaire avance trois « scénarios »
Quel avenir pour les Rased (réseaux d’aide spécialisée aux élève en difficulté) ? C’est la question posée par les députés UMP Xavier Breton (UMP, Ain) et Gérard Gaudron (UMP, Seine-Saint-Denis), rapporteurs pour avis du projet de budget 2012 de la mission enseignement scolaire. Devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, qui discutait mercredi 2 novembre 2011 des crédits de la mission, les députés ont présenté leur rapport consacré à la question « sensible » des Rased. Ils estiment ainsi que les maîtres spécialisés « disposent des compétences et des outils » pour traiter la difficulté scolaire. Or, les réseaux d’aide aux élèves sont aujourd’hui « sérieusement affectés » et leurs frais de déplacement se trouvent « complètement étranglés ». « L’exécution du budget 2012, avec la suppression de 5 700 postes dans le premier degré sans fermeture nette de classe, obligera les Rased à fournir une contribution dans le domaine des suppressions de postes », souligne Gérard Gaudron. Selon le ministère, les Rased représentent 12 047 ETP en 2010-2011, dont 3 667 psychologues.
Nous ne voulons pas d’une asphyxie lente des réseaux », affirment les rapporteurs. Ils évoquent dès lors trois scénarios d’évolution des Rased. Première hypothèse : l’extinction progressive du réseau. Un scénario jugée « inacceptable », à moins qu’à terme tous les enseignants soient en capacité de répondre à des bassins éducatifs particuliers. Les députés rappellent à ce titre la position du ministre en la matière, affirmée devant la commission le 26 octobre dernier. Pour Luc Chatel, « le dimensionnement et l’efficacité de l’action des maîtres E et G doivent continuer à être réévalués ».
Second scénario envisagé par les rapporteurs : la suppression de la distinction entre maîtres E (chargé de l’aide à dominante pédagogique) et G (chargé de l’aide à dominante rééducative), et la sédentarisation de ces personnels.
Les députés sont pour leur part favorables à un « troisième scénario », combinant la « sédentarisation des maîtres E » et le « maintien d’équipes de maîtres G » dans le cadre d’un bassin par exemple, « pour soulager les maîtres » dans la prise en charge de la difficulté scolaire.
Poitou-Charentes en tête des régions pour le financement de ses lycées (enquête exclusive Éduc’Info)
Rythmes scolaires : la FCPE s’inquiète de la parution d’une circulaire fixant à 90 minutes la durée de la pause méridienne
L’école de demain, la prévention de la délinquance et la restauration scolaire « responsable » au programme du 94e congrès de l’AMF
Collectivités : l’AMRF « appelle les maires à suspendre leur participation » aux conseils départementaux de l’Education nationale
« Dans l’attente d’une rénovation du dialogue local en matière d’éducation, l’AMRF appelle les maires à suspendre leur participation aux CDEN tant que son fonctionnement n’en fera pas un lieu véritable de concertation de tous les acteurs de l’école », indique le texte d’une motion adoptée lors de l’Assemblée générale de l’association des maires ruraux de France le 9 octobre 2011 et rendue publique le 3 novembre 2011
L’AMRF justifie cet appel en « constatant l’inutilité de cette instance consultative dont les avis ne sont jamais entendus par les inspecteurs d’académie » ; « l’augmentation des difficultés rencontrées dans la gestion quotidienne des écoles, les menaces sur la qualité de l’enseignement du fait des effectifs d’élèves dans les classes consécutifs aux coupes budgétaires » mais encore en « constatant que les maires ruraux n’ont pas été associés aux réflexions sur les rythmes scolaires dont ils auront cependant à traduire et à assumer une fois encore les évolutions ».
En outre, l’AMRF « regrett[e] depuis juin 2009 l’indifférence du ministère à leur égard perçue comme un mépris des élus ruraux et considér[e] qu’ils n’ont pas vocation à être les spectateurs d’un processus qui concerne leur commune et leurs habitants, ni être davantage complices d’une parodie de concertation. »
Luc Chatel à Doha (Qatar) : « Le système éducatif français n’a pas donné de lui une image suffisamment innovante »
Formation continue des enseignants : un budget en hausse de 18 % dans l’académie de Dijon
Compétences numériques : l’Unesco publie un version actualisée de son référentiel pour les enseignants
Subvention aux associations partenaires de l’école : une baisse comprise entre 14 % et 50 % pour l’année 2011
4 novembre :
Recrutement de 60 000 enseignants : outre le coût de la mesure, la question du vivier fait débat
« Le vrai coût pour les finances publiques de la création de 60 000 postes dans l’Éducation nationale sur cinq ans » est de « 7,5 milliards en cumulé à raison de 12 000 recrutements supplémentaires par an », a estimé de son côté Valérie Pécresse, ministre du Budget et des Comptes publics, samedi 29 octobre. En incluant les retraites, ce coût atteint « 100 milliards d’euros sur les cinquante prochaines années », précise la ministre.
Pour Guy Barbier, secrétaire national du SE-Unsa et spécialiste des questions budgétaires, le coût du recrutement de 12 000 enseignants par an est surtout une question de « méthode de calcul ». Si le syndicaliste ne souhaite pas rentrer dans la polémique politique du coût du recrutement. Il souligne néanmoins que calculer ce coût en intégrant la charge financière supportée par l’État pour les 50 années suivantes n’est pas une méthode de calcul valide. « Ce n’est pas comme cela que ça marche un budget. L’unité de compte budgétaire ne prend pas en compte les conséquences pour les années suivantes ».
L’expert estime également que « personne y compris au ministère du Budget ne compte en ‘cumulé’, une telle présentation laissant croire qu’il faudrait chaque année trouver des ressources supplémentaires alors que ces recrutements seront financés par des augmentations progressives du budget et ne demanderont pas de ressources supplémentaires au-delà de 2017 ».
La vraie question, poursuit ce haut fonctionnaire, est une question de « vivier », c’est-à-dire la capacité du ministère à augmenter très fortement ses recrutements d’enseignants, quand aujourd’hui la moitié des enseignants partant en retraite sont remplacés. « Ce sont en effet plus de 40 000 enseignants par an qu’il faudrait recruter : le remplacement des 28 à 30 000 départs à la retraites et les 12 000 supplémentaires du plan Hollande ». Ainsi, selon « Repères et références statistiques » 2011, en 2009 environ 100 000 titulaires d’un master sont sortis de l’enseignement supérieur : 62 766 personnes avec un master professionnel, 20 669 avec un master recherche, et 12 000 avec un master « indifférencié ». Selon cet expert, « si le flux est de 100 000 masters par an et même en comptant les titulaires d’un master disponibles sur le marché du travail, le vivier potentiel serait de l’ordre de 120 à 140 000 dont 30 à 40 % devraient être recrutés par l’Éducation nationale. C’est là le véritable enjeu, qui nécessitera la mise en place d’un système de prérecrutement ».
Guy Barbier va dans le même sens et juge que le vivier de recrutement est une « vraie question ». « Comment faire pour augmenter de 12 000 les recrutements par an ? Moi je ne vois qu’une seule solution pour s’en sortir : il faudrait réintroduire une année de formation dans le cursus des stagiaires enseignants. Cela reviendrait à recruter les enseignants en M2 et à remettre en place parallèlement une formation pour les étudiants de M1 qui seraient affectés la moitié du temps sur le terrain ». « Il faut essayer de remobiliser le vivier des futurs enseignants », conclut Guy Barbier qui « ne voit que cette solution là » pour que la proposition du candidat socialiste se concrétise.
« Viendra le jour où les professeurs auront déjà vécu d’autres expériences professionnelles » (rapport du DIO au Premier ministre)
Jean-Robert Pitte fait état d’un « constat » : « les professeurs qui ne connaissent que l’école vivent dans un univers exclusivement fondé sur des connaissances théoriques, ce qui limite leur capacité de rayonnement en prise avec la vie ». Aussi, « les futurs enseignants doivent, d’une manière qui reste à inventer, être confrontés à des expériences professionnelles et sociales fréquentes, représentatives de la vie économique du pays. Viendra le jour où les professeurs auront déjà vécu d’autres expériences professionnelles dont les acquis seront pris en compte au moment de leur recrutement ». Selon le DIO, « cette évolution sera favorisée, cela ne fait plus de réel débat désormais, par une plus grande autonomie des établissements, de leur équipe de direction et de leur conseil d’administration ». Car « il faut libérer l’initiative, favoriser les expériences, les partenariats avec le tissu économique et social local », soutient Jean-Robert Pitte. « C’est le seul moyen de résorber à terme les grandes inégalités géographiques entre les territoires et les établissements. L’uniformité apparente qui la règle d’aujourd’hui défavorise trop durement les établissements situés en zones sensibles. »
Bretagne : l’enseignement catholique organise une manifestation régionale samedi 5 novembre pour dénoncer les suppressions de postes
Premier degré à Paris : quatre syndicats souhaitent faire de la liste complémentaire du concours un vivier de remplaçants
« Pour le remplacement de tous les [enseignants] absents, le ministère et le rectorat doivent rouvrir la liste complémentaire et recruter des fonctionnaires stagiaires », demandent le Snuipp-FSU, le Snudi-FO, le SE-Unsa, SUD-Éducation dans une motion communiquée le 4 novembre 2011. Ces quatre organisations refusent ainsi « le recours aux contractuels ». Jérôme Lambert, secrétaire général du Snuipp-FSU Paris indique : « cela fait plus de 20 ans qu’il n’y plus d’enseignants contractuels dans les écoles. Y recourir, c’est un recul historique ». Selon lui, les premiers contractuels pourraient être sollicités « dès décembre, janvier ». À la fin du mois de septembre, l’académie de Paris a envoyé un courrier à 180 candidats admissibles afin d’ « anticiper sur de futurs besoins de remplacement qui pourraient se faire ressentir dans quelques mois »
Scolarisation obligatoire à trois ans : la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin favorable au dépôt d’une nouvelle proposition de loi
Scolarité obligatoire à trois ans : le groupe socialiste du Sénat retire sa proposition de loi qu’il juge « dénaturée »
Le groupe socialiste du Sénat a retiré dans la nuit de jeudi 3 novembre, sa proposition de loi visant à instaurer la scolarité obligatoire à trois ans la jugeant « dénaturée », après que la commission des finances du Sénat a considéré à l’unanimité que « les paragraphes I et II de l’article premier [faisant passer de six à trois ans l'âge de la scolarité obligatoire] sont irrecevables au titre de l’article 40 de la Constitution [principe d'« irrecevabilité financière »]
Commentaires
Laisser une Réponse
